
Ce matin, départ de Villers-le-Lac avec le ventre bien rempli et Jules à mes côtés, direction Les Alliés.
Avant de partir, je tente ma chance dans une boulangerie pour récupérer quelques invendus. Le boulanger comprend immédiatement ma démarche et m’offre quatre viennoiseries, une bouteille d’eau et un café. Une rencontre simple, mais qui donne le ton de la journée.
Puis la route commence vraiment.
Près de 33 kilomètres et environ 1 100 mètres de dénivelé positif, avec plusieurs kilomètres le long de la frontière franco-suisse.
Sur le chemin, nous croisons aussi un Patou. Un énorme chien qui aboie, s’approche et impressionne. Il faut rester calme, ne pas le regarder dans les yeux et simplement lui faire comprendre qu’on n’est pas une menace.
Plus tard, le ciel s’assombrit et la pluie arrive.
Nous trouvons refuge dans une petite maisonnette en bois. À l’intérieur : de l’eau chaude, du café, du miel, un gâteau et quelques produits locaux mis gratuitement à disposition des randonneurs, avec simplement une petite boîte pour laisser ce que l’on souhaite.
Un abri au milieu de nulle part, un gâteau, quelques mots dans un livre d’or. Encore une fois, les petits gestes font beaucoup.
Une fois la pluie passée, nous reprenons la route vers Les Alliés.
Avec Jules, on s’est fixé une règle : première maison, premier essai.
Et ça fonctionne.
Marjorie et Mathias nous ouvrent leur porte et nous accueillent avec leurs deux enfants, Marcel et Léonard. Eux aussi connaissent l’aventure : GR20, Réunion, plusieurs mois de voyage…
La soirée nous amène finalement à une réflexion assez simple : peut-être qu’il faut arrêter de chercher dans les endroits où il y a le plus de maisons.
Les petits hameaux, les espaces ouverts, la nature et les habitants qui vivent plus isolés semblent créer un terrain beaucoup plus propice aux rencontres.
Alors demain, on change de stratégie.
On cherchera moins de maisons.
Mais peut-être de meilleures rencontres.