
Aujourd’hui, avec Jules, on rejoint Les Rousses, dernier village français avant la Suisse.
La marche se passe très bien, mais l’arrivée change complètement d’ambiance. On quitte les petits villages et les hameaux pour une station beaucoup plus touristique : voitures, frontaliers, maisons, monde…
On sonne.
Encore et encore.
Une quinzaine de maisons, peut-être plus.
Et cette fois, les réponses sont assez particulières : beaucoup de personnes auraient aimé nous accueillir, mais elles ne sont simplement pas disponibles. Restaurant, invités, famille qui arrive…
Ce ne sont pas vraiment des refus.
Plutôt des « oui, mais pas aujourd’hui ».
Pendant ce temps, l’orage gronde au-dessus de nous et la pression monte. Il faut trouver un toit avant que ça tombe.
Puis une porte s’ouvre.
Margot accepte de nous accueillir, mais d’une manière assez différente de ce qu’on a connu jusqu’ici.
Elle nous donne simplement les clés d’un appartement et nous laisse notre autonomie. Pas de repas partagé, pas vraiment de rencontre, et elle préfère rester anonyme et ne pas être filmée.
Une expérience particulière.
Parce qu’au fond, elle nous a offert exactement ce dont on avait besoin : un toit.
Mais cette fois, pas cette petite parenthèse humaine qui accompagne habituellement l’accueil.
Demain, on passe la frontière.
Direction la Suisse.
Et pour la première fois depuis le début de cette traversée, je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre.