
Aujourd’hui, avec Jules, on part de Saint-Cergue en direction de Nyon, notre dernière étape ensemble.
Après presque dix jours à marcher côte à côte, à partager les kilomètres, les paysages, les refus, les rencontres et les nuits chez l’habitant, c’est notre dernier jour de marche à deux.
Et je crois qu’on s’habitue beaucoup plus vite qu’on ne le pense à la présence de quelqu’un.
À force de marcher ensemble, on finit naturellement par compter sur l’autre. Pour certaines choses, pour prendre une décision, pour partager un moment, ou simplement parce qu’on sait qu’il est là.
Alors forcément, quand cette personne s’en va, il y a un petit temps de transition.
Ce n’est pas vraiment de la solitude. C’est plutôt le fait de devoir retrouver ses propres repères, après s’être habitué à ne plus être complètement seul.
On décide de terminer cette partie de l’aventure les pieds dans le lac Léman. Jules rentrera ensuite chez lui, tandis que je prendrai la direction d’Evian les Bains pour continuer seul.
C’est assez symbolique finalement.
Son aventure se termine dans le lac Léman.
La mienne se terminera, plusieurs semaines plus tard, dans la Méditerranée, dans les Calanques de Marseille.
Deux destinations différentes, mais une même manière de terminer un voyage : mettre les pieds dans l’eau et prendre le temps de réaliser que c’est fini.
Pendant presque dix jours, Jules a fait partie intégrante de cette histoire. À partir de demain, il faudra continuer sans lui.
Je m’accorde une journée de pause chez Alric, un ami rencontré cet hiver, avant d’attaquer le plus gros morceau de cette traversée : les Alpes, sur le GR5.
La suite, je vais devoir l’écrire seul.