
Aujourd’hui, premier jour dans les Alpes après 24 heures de pause.
Et les Alpes m’ont directement rappelé qu’ici, rien ne se gagne vraiment facilement.
Environ 30 kilomètres et 2 400 mètres de dénivelé positif. Je pensais arriver assez tôt à La Chapelle-d’Abondance, mais le dénivelé m’a complètement surpris. Résultat : j’arrive vers 19h, déjà bien entamé.
Le village est très touristique, rempli de chalets, de commerces et de logements saisonniers. Pas vraiment le genre d’endroit où il est facile de trouver quelqu’un chez qui dormir.
Je tente quelques maisons. Refus.
Puis je croise un groupe de personnes qui ramassent des quetsches. Je tente ma chance et leur demande s’ils peuvent m’aider à trouver un endroit où dormir. Gilles me laisse son numéro en me disant qu’il va réfléchir.
Je repars sans trop savoir ce que ça donnera.
Quelques minutes plus tard, une dame me dit elle aussi qu’elle aurait aimé m’accueillir, mais qu’elle travaille et que son logement de saisonnière est trop petit. Elle prends le temps de me préciser que je vais trouver, en me précisant :
« Ici les gens sont gentils »
Et à ce moment-là, mon téléphone sonne.
C’est Gilles.
Il me dit de revenir.
Quand je retrouve le groupe, Gilles et son fils Valentin s’arrêtent à côté de moi en van : « Vas-y, grimpe. »
Je me retrouve finalement à partager leur repas du personnel, avec les mêmes personnes que quelques minutes auparavant je voyais ramasser des quetsches.
Et ce soir, je dors dans une colonie de vacances, dans une chambre remplie de lits superposés.
Encore une situation que je n’aurais absolument pas pu prévoir.
Mais surtout, je commence à comprendre quelque chose avec ces Alpes.
Les paysages sont aussi époustouflants qu’ils sont épuisants.
Ici, la beauté semble être à l’image de l’effort qu’il faut fournir pour l’atteindre.