
Aujourd’hui, j’ai vraiment compris que j’étais dans les Alpes.
J’avais prévu 41 km. Sur le papier, ça semblait faisable. Mais au fil de la journée, le dénivelé s’accumule, dépassant les 2 000 mètres positifs. Et surtout, je découvre une nouvelle réalité : ici, 10 kilomètres peuvent facilement prendre deux heures et demie.
À l’approche de la fin de journée, mon objectif de rejoindre Samoëns devient donc compliqué. Je risque d’arriver vers 20h30, bien trop tard pour commencer à chercher une porte où dormir.
Un cycliste rencontré en Suisse me conseille alors le refuge de la Chardonnière. Je décide de tenter ma chance.
Et en arrivant, surprise : deux Québécois que j’avais croisés le matin me reconnaissent immédiatement. Ils font eux aussi le GR5, avec quelques raccourcis en bus et en téléphérique… mais nous voilà finalement au même endroit.
Je prends ça comme un signe.
Je décide de rester. Une nuit au refuge, un repas, des discussions autour du Québec, du voyage et du documentaire. Et surtout, une bonne nuit pour récupérer.
Les Alpes m’apprennent déjà une chose : ici, il ne suffit plus d’avancer. Il faut savoir quand s’arrêter.