
Aujourd’hui, je commence à comprendre encore un peu plus les limites de mon idée de départ.
En regardant mon itinéraire, je réalise que certaines portions des Alpes sont tellement isolées qu’il n’y a tout simplement aucune habitation sur plusieurs kilomètres. Alors, pour la première fois, je réserve à l’avance une nuit dans un refuge.
Ce n’est pas vraiment un échec. C’est plutôt une adaptation.
Les Alpes me montrent que je ne peux pas appliquer les mêmes règles partout. Dans les alpages, il y a peu de maisons, mais il y a des refuges. Alors pourquoi m’empêcher d’en profiter simplement pour respecter à tout prix une règle que j’ai moi-même fixée ?
Mon objectif reste le même : aller le plus loin possible sans argent, en comptant d’abord sur la solidarité et la débrouille. Mais je veux aussi vivre pleinement cette aventure et m’adapter aux conditions réelles du terrain.
Et justement, aujourd’hui, je découvre une autre difficulté : beaucoup de villages sont en réalité des stations, avec des gîtes, des chalets et des logements touristiques, mais finalement peu d’habitants à l’année.
Je sonne près d’une vingtaine de maisons. Plusieurs personnes me conseillent d’aller directement au refuge, certaines me parlent même de la méfiance des habitants du secteur.
Mais je n’ai pas envie de laisser la méfiance gagner.
Alors je continue.
Et finalement, une porte s’ouvre chez Suzanne et Christophe. Christophe est guide de haute montagne et ils acceptent de m’accueillir dans le petit studio normalement destiné à leur petit-fils.
Encore une fois, la solidarité était là.
Il fallait simplement continuer à chercher.