
Ce matin, je pars sous la pluie. La veille, Christophe, qui est guide de montagne, m’avait conseillé d’acheter un parapluie pour les prochaines étapes.
Alors j’ai suivi son conseil. Quand un guide te donne un conseil, tu l’écoutes.
Christophe m’avance d’ailleurs un peu sur mon trajet et me dépose près de la « Reine des Alpes », une magnifique cascade qui marque le début d’une journée particulièrement humide.
Parapluie dans une main, bâton dans l’autre, j’avance sous la pluie qui me laisse quasiment aucun répit.
Je m’arrête dans un premier refuge pour me mettre au sec et je retrouve Pierre, un randonneur croisé la veille. On partage un café, quelques discussions et un moment simple avec d’autres marcheurs. Puis Sylvain nous rejoint et nous reprenons la route à trois, direction le refuge de Moëde-Anterne.
Dans les Alpes, je découvre une montagne bien différente des Vosges ou du Jura. Plus de monde, plus de randonneurs, plus d’interactions… mais aussi des conditions beaucoup plus intenses.
Et aujourd’hui, je comprends surtout quelque chose :
ce n’est pas la montagne qui s’adapte à l’humain. C’est l’humain qui doit s’adapter à la montagne.
Quand on décide d’y entrer, on accepte aussi ses règles, sa météo, ses contraintes et parfois son inconfort.
Et finalement, même sous la pluie, il suffit peut-être simplement d’accepter les conditions pour continuer à s’émerveiller.