
Aujourd'hui, je quitte les derniers reliefs alpins en direction du Pas de l'Aiguille, puis du cirque d'Archiane.
Le Vercors a quelque chose de particulier. Les montagnes restent très minérales, les sapins sont encore là, les sentiers sont toujours techniques, remplis de cailloux… mais quelque chose a changé.
La chaleur est différente.
Les maisons aussi.
Les villages ont une autre allure.
J'ai l'impression d'être dans un entre-deux : ni tout à fait les Alpes, ni encore complètement le Sud.
Comme si cette région faisait le lien entre deux mondes.
En arrivant dans le village, je tente d'abord un lotissement.
Rien.
Puis le centre. Toujours rien.
En regardant ma carte, un nom attire mon regard : Edelweiss.
Je souris.
L'edelweiss, cette fleur qui pousse en haute montagne, devient presque un dernier clin d'œil aux Alpes avant de poursuivre plus au sud.
Alors je décide d'y aller.
Quelques maisons plus tard, Jean-Marc et Colette m'ouvrent leur porte.
Leur petit-enfant, Louis et son ami Enzo sont là eux aussi.
Le soir, on partage simplement des pizzas, des discussions et cette sensation familière qui revient depuis le début du voyage : celle d'arriver chez des inconnus qui, quelques heures plus tard, donnent presque l'impression de faire partie du paysage.
Aujourd'hui, je retiens surtout cette transition.
Les Alpes sont doucement derrière moi.
Le Sud commence déjà à apparaître.