
Ce matin, je pars de Trets un peu plus tard que prévu. Le petit déjeuner avec la famille d’Auguste s’est un peu éternisé, mais c’était surtout parce qu’on avait encore beaucoup de choses à se raconter. Je finis par partir vers 10h30-11h, après une matinée vraiment riche en échanges.
Une phrase m’a particulièrement marqué. Peter, le père d’Auguste, avait une phrase tatouée sur le bras :
« Voyager, c’est aller à la rencontre de soi à travers les autres. »
Je trouve cette phrase particulièrement juste par rapport à ce que je suis en train de vivre. Depuis le début de cette traversée, je marche évidemment à travers la France, mais je découvre surtout des personnes, des histoires, des manières de vivre et de penser différentes. Et finalement, toutes ces rencontres me renvoient aussi à moi-même.
Je repars donc de Trets et arrive à Plan-d’Aups-Sainte-Baume, au pied de la prochaine montagne que je dois traverser.
Dès mon arrivée dans le village, je ressens quelque chose de différent. Les maisons sont assez dispersées, il y a de l’espace, tout semble plus aéré. Je ne ressens pas cette impression d’être entouré ou oppressé par les constructions. Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer, mais je sens une bonne énergie dans le village.
Je commence alors ma recherche de logement et fais quelques maisons. Puis, dans un lotissement, je tombe sur un panneau indiquant un cabinet de médecine traditionnelle chinoise avec une flèche vers la droite.
Je décide instinctivement de suivre le panneau.
J’arrive devant le cabinet, mais il n’y a personne. Je continue donc jusqu’à la maison suivante. Et là, je tombe sur Magali.
Je découvre rapidement que c’est justement elle qui tient le cabinet. Elle m’accueille avec son mari, Patrice, et je me retrouve finalement invité à partager un grand repas avec eux.
La soirée devient rapidement passionnante. Nous sommes à table, avec leur famille, et la discussion tourne notamment autour de la médecine traditionnelle chinoise. Comme le sujet m’intéresse beaucoup, je questionne énormément Magali sur sa pratique, ses voyages en Chine et la philosophie qui se cache derrière cette médecine.
Elle m’explique qu’elle était auparavant infirmière, notamment en réanimation. Au fil des années, elle a commencé à remettre en question certaines choses dans le système de soins occidental et s’est progressivement tournée vers la médecine traditionnelle chinoise.
Cela fait maintenant une trentaine d’années qu’elle pratique. Elle a voyagé, étudié, expérimenté et construit progressivement sa propre manière de travailler. Elle me raconte avoir accompagné des personnes qui n’avaient jusque-là jamais trouvé de réponse à certains de leurs problèmes.
Je trouve son parcours particulièrement inspirant. Encore une fois, une simple porte que je décide de pousser me fait tomber sur une personne avec une histoire complètement différente de la mienne, mais qui m’apporte quelque chose.
Et pour continuer dans cette traversée où les nuits sont rarement ordinaires, je dormirai ce soir… directement dans son cabinet de médecine traditionnelle chinoise.