
Aujourd’hui, je pars en direction de la crête de la grotte de Saint-Pilon. Et c’est là que, pour la première fois, j’aperçois vraiment la mer.
Au loin, je vois enfin la ligne d’horizon, avec Cassis quelque part derrière. Après plus de 1000 kilomètres de marche, cette vision me donne envie d’arriver. Je sais maintenant que demain, j’arrive à Cassis. Les Calanques sont juste derrière.
Mais avant d’y arriver, il faut encore trouver où dormir.
Ce soir, je suis à nouveau dans une zone où les maisons se font plus nombreuses. Je commence par plusieurs lotissements. Ça ne fonctionne pas. J’enchaîne les maisons, puis d’autres lotissements, sans trouver de solution. Petit à petit, je m’éloigne de la ville, jusqu’à me retrouver presque uniquement entouré de forêt.
À un moment, je comprends que je suis allé trop loin et que je n’ai plus vraiment de maisons à aller voir. Je fais donc demi-tour et recommence ma recherche.
Il est déjà autour de 19h15. Cela fait plus de deux heures que je cherche et j’ai dû avoir près d’une trentaine d’interactions différentes.
Puis, dans la rue, je croise Daniel et Véronique qui promènent leur chien. Je décide de leur demander directement s’ils connaissent quelqu’un qui pourrait m’accueillir.
Ils me disent qu’ils ont justement un appartement de disponible.
Après plus de deux heures de recherche, j’ai enfin trouvé un toit pour ma dernière nuit avant Cassis.
Je ne mange pas avec eux, notamment parce qu’il est déjà tard. Je décide donc simplement d’aller acheter quelque chose à manger pour le soir, puis je rentre me poser.
Et maintenant, il ne reste plus qu’une journée.
Demain, j’arrive à Cassis. Puis les Calanques.
La fin de cette aventure est désormais juste devant moi. Et ce qui est étrange, c’est que je ne ressens pas vraiment d’impatience. Je n’ai pas spécialement hâte que ça se termine, mais je n’ai pas non plus cette envie que ça continue absolument.
Je crois que je suis simplement un peu perturbé par ce qui va se passer après.
Pendant plus de sept semaines, j’ai eu un objectif très simple : avancer, marcher, trouver où dormir, rencontrer des gens et me rapprocher de Cassis.
Et demain, cet objectif disparaît.
Je suis arrivé au bout de cette aventure.
Enfin… presque.